Un poids, 6 mesures — Comparateur professionnels de santé

La Femme — comparateur professionnels de santé

Un poids…
6 mesures !

La convention médicale ne fixe pas le prix d'un examen selon sa complexité ou le temps qu'il exige, mais selon le secteur d'exercice du professionnel qui le réalise. Pour une même consultation de suivi gynécologique avec frottis, la base de remboursement sur laquelle vous êtes payé — et sur laquelle vos patientes sont remboursées — varie du simple au presque-double. Ce mécanisme n'est pas neutre : il façonne où et comment les femmes accèdent aux soins.

La base de remboursement, secteur par secteur

Tarifs conventionnels en vigueur au 1er janvier 2026 (Ameli), consultation de suivi gynécologique. Trois curseurs changent la situation simulée : le parcours de soins suivi, le dépistage associé, et la mutuelle de la patiente. La base de remboursement fixée par la convention, elle, ne bouge jamais au gré de ces choix.

Parcours de soins :

Acte de dépistage associé :
Mutuelle de la patiente :

Une garantie « 100 % de la base » complète jusqu'au tarif conventionné (ticket modérateur) mais ne couvre aucun dépassement. Une garantie « 200 % » peut aussi couvrir jusqu'à un dépassement équivalent à la base. La participation forfaitaire de 2 € n'est, dans tous les cas, jamais remboursée.

Base de remboursement (fixée par la convention) Part au-delà de la base (dépassement, jamais remboursé par l'Assurance Maladie)
40 € → 23 € → 1,22 €

C'est l'écart de base de remboursement en accès direct spécifique entre un gynécologue en secteur 1 (ou OPTAM), un confrère en secteur 2 hors OPTAM, et un praticien non conventionné en secteur 3 — pour un acte de suivi strictement identique. Basculez sur « suivi coordonné (APC) » dans le comparateur ci-dessus : l'écart se referme presque entre secteurs conventionnés, mais reste béant pour le secteur 3.

Une pénurie qui s'accélère

Données de l'Atlas démographique du Conseil national de l'Ordre des médecins, citées dans plusieurs questions écrites à l'Assemblée nationale en 2025-2026.

867
gynécologues médicaux en exercice en France au 1er janvier 2025, contre 1 945 en 2007
−55,5 %
de l'effectif total en moins de vingt ans
10
départements français ne comptent plus aucun gynécologue médical
2,2
gynécologues médicaux pour 100 000 femmes de plus de 15 ans, pour 34 millions de femmes en âge de consulter
80
postes d'internat ouverts en 2025 en gynécologie médicale, contre 91 en 2023
17 ans
de suppression totale de la formation en gynécologie médicale (1984-2003), jamais pleinement compensée depuis
Rentrée 2023
91 postes
Rentrée 2024
79 postes
Rentrée 2025
80 postes

Ce que ça change, concrètement

  • Le secteur 1 n'est pas rémunéré à sa juste valeur relative. À examen identique, un praticien qui reste à tarif opposable perçoit mécaniquement moins par consultation qu'un confrère en secteur 2 — sans que rien, dans l'acte lui-même, ne justifie cet écart.
  • L'OPTAM ne corrige le problème qu'à moitié. Il redonne au patient la même base de remboursement qu'en secteur 1 (40 €), mais laisse au professionnel la liberté de dépassements modérés — un compromis qui n'existe pas pour les sages-femmes ni pour les généralistes.
  • La sage-femme, professionnelle en première ligne de la prévention gynécologique, reste sur la base la plus basse (25 €) — alors même que la délégation de tâches vers les sages-femmes est présentée comme une réponse à la pénurie de gynécologues médicaux. Déléguer l'acte sans revaloriser sa base de remboursement revient à faire porter l'ajustement sur la profession la moins bien valorisée.
  • Les zones déjà bien dotées se renforcent, les autres se vident. Un praticien libre de fixer ses honoraires s'installe préférentiellement là où la patientèle peut absorber un dépassement — ce qui concentre l'offre de soins dans les territoires déjà favorisés et aggrave les déserts médicaux ailleurs.
  • Le secteur 3 (non conventionné) sort entièrement du système de conventionnement. La base de remboursement y tombe à un « tarif d'autorité » de 1,22 € — un montant resté quasiment inchangé depuis des décennies — quel que soit le prix réellement facturé. Ce statut reste marginal chez les gynécologues, mais il illustre la logique poussée à son terme : plus un professionnel s'éloigne du conventionnement, moins l'acte est valorisé par l'Assurance Maladie.
  • Le parcours de soins peut, paradoxalement, corriger — ou aggraver — l'écart. En avis ponctuel de consultant (APC), la base de remboursement se réunifie à 60 € pour les secteurs 1, OPTAM et 2 hors OPTAM : le simple fait de passer par le médecin traitant efface une partie de la disparité. À l'inverse, l'absence de médecin traitant déclaré aggrave l'écart pour tous les médecins, sans jamais affecter la sage-femme.
  • La mutuelle ne corrige pas l'origine du problème, elle en déplace la charge. Une garantie à 200 % de la base peut absorber une grande partie des dépassements en secteur 2, mais ne change rien à la base de remboursement fixée par la convention — et les patientes sans complémentaire, ou avec une garantie à 100 %, restent pleinement exposées à l'écart.

Sources

  • Ameli.fr — « Consultations en métropole : vos remboursements », tarifs applicables au 1er janvier 2026 (mis à jour le 13 janvier 2026), y compris les tarifs du « médecin correspondant pour avis ponctuel » (APC).
  • Assemblée nationale, 17e législature — questions écrites n° 14714, 14941, 15277, 15435, 16717 (2025-2026), citant l'Atlas démographique du Conseil national de l'Ordre des médecins et le Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM).
  • Les montants de dépassement affichés pour les secteurs 2 et 3 sont des exemples ajustables destinés à illustrer le mécanisme ; ils ne constituent pas un tarif de référence. Le mécanisme de garantie mutuelle (100 %/200 % de la base de remboursement) est une simplification pédagogique des grilles de garanties usuelles ; les contrats réels varient.

Comparateur fourni par l'association La Femme à titre d'information et de plaidoyer. Les chiffres démographiques sont ceux disponibles publiquement au moment de la rédaction et peuvent évoluer ; se référer aux publications les plus récentes du CNOM pour un suivi dans le temps.

Comparateur non officiel. Cet outil est réalisé par l'association La Femme à des fins pédagogiques et de plaidoyer. Il ne constitue ni une simulation officielle de l'Assurance Maladie ni un document conventionnel : les résultats peuvent être imprécis ou évoluer avec les revalorisations tarifaires.

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