À la suite des Assises de la ménopause organisées au ministère de la Santé le 15 octobre 2026, l’association La Femme souhaite exprimer sa préoccupation face à l’orientation annoncée visant à examiner la possibilité d’autoriser les sages-femmes à prescrire des traitements hormonaux de la ménopause (THM) et réaliser des consultations longues en ménopause qui ne sont même pas autorisées aux médecins spécialistes !

La santé des femmes ne peut pas se résumer à un transfert de compétences. L’accès à un médecin spécialiste doit rester une priorité et une question de sécurité pour les femmes.

L’association partage un objectif : améliorer l’information, la prévention et la prise en charge des femmes pendant la péri-ménopause et la ménopause.

Trop de femmes restent insuffisamment informées, rencontrent des difficultés d’accès aux consultations et ne bénéficient pas toujours d’un accompagnement adapté à leurs symptômes.

Mais améliorer l’accès aux soins ne doit pas conduire à banaliser des décisions thérapeutiques ni remplacer les médecins qui nécessitent une véritable expertise médicale.

Le traitement hormonal de la ménopause peut apporter un bénéfice important à certaines femmes. Il ne peut cependant être proposé indistinctement à toutes.

Sa prescription nécessite une évaluation individuelle du rapport bénéfices-risques, l’analyse des antécédents personnels et familiaux, la recherche de contre-indications et la prise en compte des risques mammaires, cardiovasculaires, thromboemboliques entre autres.

Elle implique également une information complète de la patiente et une réévaluation régulière.

Le renouvellement nécessite une évaluation médicale.

La ménopause ne constitue pas une situation clinique uniforme. Derrière des symptômes parfois similaires peuvent se trouver des situations médicales très différentes, nécessitant des investigations, un diagnostic différentiel ou une prise en charge spécialisée.

La question n’est donc pas uniquement de savoir qui peut renouveler ou initier une prescription, mais qui est en mesure d’évaluer l’ensemble de la situation clinique, d’identifier les risques et d’assumer la responsabilité médicale de la décision.

Répondre aux difficultés d’accès aux soins sans fragiliser la médecine spécialisée.

Les sages-femmes ont une place dans la prévention, l’information et l’accompagnement des femmes. Leur contribution doit être reconnue et valorisée, dans le respect des compétences et des responsabilités de chaque profession.

Notre association La Femme s’oppose fermement à la prescription du traitement hormonal de substitution par les professionnels de santé non médecins et recommande que cela reste de la seule compétence du médecin spécialiste.

La coordination entre professionnels ne saurait se substituer à l’accès effectif à un médecin lorsqu’une expertise diagnostique ou thérapeutique est nécessaire.

Nous demandons des garanties claires pour les femmes et leur santé.

À la suite de la réunion du 15 octobre, l’association La Femme demande :

  • La transparence sur le périmètre exact de la saisine de la Haute Autorité de santé et sur le calendrier des décisions envisagées : la commission HAS est actuellement en cours ;

  • Une évaluation médicale et scientifique rigoureuse ;

  • Le maintien d’un accès effectif aux gynécologues ;

  • Une concertation avec les organisations et associations des médecins spécialistes, afin que les décisions concernant la santé des femmes ne soient pas prises sans leur expertise.

Notre conviction : mieux soigner les femmes exige de préserver l’expertise médicale.

L’association La Femme appelle le ministère à faire de la sécurité des patientes, de la qualité des soins et de la complémentarité des compétences les principes directeurs de toute réforme.

Les femmes ont besoin de davantage d’accès aux soins, mais aussi d’une médecine spécialisée accessible et responsable. Ces deux exigences ne doivent jamais être opposées.

Association LA FEMME

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Journée mondiale de la ménopause - Association LA FEMME